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La beauté est diverse, L’Oréal aussi

8 avril 2011
Jean Claude Le Grand - Directeur International des ressources humaines et de la Diversité du groupe L'OREAL
(©JP.Pariente)

Jean Claude Le Grand
Directeur International des ressources humaines et de la Diversité du groupe L'OREAL

Jean-Claude Le Grand, DRH International et directeur corporate en charge de la diversité chez l’Oréal Grand Public, co-fondateur de la charte de la parentalité et par ailleurs père de deux enfants, est toujours pressé : il n’y a que 24 heures dans une journée et cet homme multi-tâches aurait besoin de plus du double.
Présentant – à une cadence de mitraillette – sa société (34ème capitalisation mondiale, 11ème entreprise préférée dans le monde) et son action aux femmes de com’ réunies pour leur dixième rencontre elles ont été séduites par son enthousiasme communicatif et son constat sans appel : « les femmes assument beaucoup mieux leur part masculine que les hommes leur élément féminin. Je milite ardemment pour une parfaite égalité entre les sexes ».

L’équilibre hommes/femmes n’est pas le seul concerné par la politique de diversité que Jean-Claude Le Grand a initiée en 2001 : celles des origines, des langues, de la santé, des domiciliations, des opinions, voire des « signes ostensibles de religions » sont également à l’ordre du jour.

Qu’est-ce que la beauté ?
Voilà une question fondamentale pour les philosophes, pour les esthètes et pour le DRH du leader mondial des cosmétiques. A laquelle ce dernier répond avec une originalité qui va droit au cœur de l’assistance : « On peut être belle et vieille, belle et noire, belle et handicapée ». Pour l’illustrer, il a soutenu le choix de Jane Fonda comme égérie de la marque et tout récemment, d’Aimée Mullins, athlète et mannequin amputée des deux jambes, qui, si l’on en croit les magazines, fait partie des 50 femmes les plus belles du monde.

La diversité en 3 axes
Jean-Claude Le Grand est passionné et passionnant. La diversité, pour lui, ce n’est pas qu’une accroche publicitaire . Les actions concrètes qu’il entreprend se situent sur trois axes : les ressources humaines, avec une formation englobant les seniors, une valorisation des acquis privilégiée et un recrutement de talents, quels qu’en soient les titulaires et leur formation (grammairiens ou autodidactes inclus). La politique des achats est le second axe, qui lui fait choisir de ne dépenser les 5 milliards d’euros annuels de L’Oréal que chez des fournisseurs qui appliquent eux-mêmes une politique de diversité. Et enfin la communication, avec la publicité qui transmet, via des égéries, les valeurs dont L’Oréal se veut porteuse.

Le bilan s’affiche…
Que ce soit des bourses pour les étudiants issus des ZEP, des crèches dans les locaux de l’Oréal ou la charte de la parentalité, le bilan de la politique de diversité est publié sur le site de l’entreprise. Ce bilan s’appuie sur une centaine d’indicateurs qui prennent en compte tous les aspects : recrutement, formation, gestion de carrière, management, communication. Il rend compte des engagements sur l’emploi des jeunes, des personnes handicapées, des seniors et des actions en faveur de l’égalité professionnelle et du développement d’une culture managériale inclusive, respectueuse de tous.

… et la diversité se communique
Les investissements média de L’Oréal sur des mannequins perçus comme minorités visibles ou de plus de 40 ans sont à mettre au crédit de la politique de diversité.
Jean-Claude Le Grand tient à en rendre compte à toutes les parties prenantes aussi bien en interne qu’en externe. En France, la diversification des sources de recrutement a progressé, notamment grâce aux Forums Emploi & Diversité et au Plan Espoir Banlieues. Depuis 2008, 418 jeunes de moins de 26 ans issus de zones difficiles ont été accueillis en stages, apprentissage, CDD et CDI. Le taux d’emploi des personnes handicapées a gagné 1,21 point depuis 2007 et atteignait 4,71% fin 2009. Les collaborateurs de plus de 45 ans représentent un quart des effectifs en France. L’écart entre les salaires masculins et féminins avoisinait 3% en 2009, mais Jean-Claude Le Grand espère l’avoir supprimé totalement d’ici la fin 2011.

Parce que les femmes le valent bien
Au niveau mondial, les femmes occupant des postes à responsabilités sont nombreuses : elles représentent 40% des membres des comités de direction, dirigent la moitié des divisions opérationnelles et 40% des pays. Même si c’est déjà largement supérieur à la moyenne nationale, l’objectif de Le Grand est de 50% des responsabilités à l’échelon mondial, dans les 5 ans. Quand ses résultats sont dévalorisés au motif que « dans une société qui fabrique des cosmétiques, c’est normal qu’il y ait beaucoup de femmes, cela m’énerve. Cet argument ne tient pas la route. La preuve, c’est que ce n’est pas le cas dans les entreprises agro-alimentaires, même si ce sont les femmes qui, majoritairement, font les courses ! Si les hommes travaillent sur du mascara, pourquoi des femmes ne travailleraient-elles pas sur des mousses à raser ? Je suis très attaché à ce que des femmes travaillent sur des produits pour hommes, des blancs sur des produits ethniques, etc. D’ailleurs si je m’intéresse à la diversité, c’est parce que c’est un sujet universel, qui me concerne parce que je suis blanc, blond et que j’ai les yeux bleus ! »

Faire savoir aux salariés
En attendant le zéro discrimination, les salariés de L’Oréal sont 67 000, répartis sur 58 pays. Comment créer une culture qui leur soit commune ? Comme tout ce qu’entreprend Le Grand, avec du bon sens et de la créativité. En témoignent la web-radio interne en 3 langues (français, anglais, espagnol), la vingtaine d’intranet, chacun sur une thématique précise à l’image du recrutement, de la formation, de l’intégration, réunis dans une plate-forme unique, mais dont la charte graphique est personnalisée pour chacun. L’interface de publication, proposée en français et en anglais, permet une publication de chaque site en plusieurs langues.
Ces différents supports ne sont que des outils, efficaces, certes, mais au service d’un message fédérateur : la diversité.

La diversité, fédératrice ?
La diversité est plus qu’un message, c’est une valeur, une valeur forte que les salariés s’approprient et qui les fidélise en intensifiant une fierté d’appartenance déjà puissante. Le secret de L’Oréal ? Associer les objectifs du business et le rôle social que joue entreprise. « Les équipes diversifiées sont plus performantes et fonctionnent davantage par la confrontation positive des idées. Au départ, tout le monde se déclare ouvert et tolérant. Mais nous avons tous des a-priori qu’il faut combattre. Et le bonus, c’est que la perception des différences nous force à nous questionner sur nous-mêmes, nos valeurs, nos refus. Au final, cette amélioration individuelle débouche sur un bénéfice pour toute l’entreprise. »
Cette prise de conscience est aidée par les journées axées sur la perception de soi et des autres que les RH de L’Oréal organisent pour l’interne.

Qui trop embrasse, mal étreint
L’Oréal plaît tellement, à l’international, que tous les jeunes (et moins jeunes) diplômés lui font les yeux doux. Mais ce que recherche Jean-Claude Le Grand, c’est la qualité, pas la quantité. La passion, pas l’ambition. Et l’amour de la beauté, pas celui du plan de carrière. « En tant qu’employeur, je me suis rendu compte que nous avions une offre trop séduisante. Cela nous attirait des candidats indifférents à la beauté et à son univers. J’ai diminué le marketing de la marque employeur. » Il croit si fort à la diversité des formations qu’il a fait adhérer L’Oréal au projet Phénix, qui offre aux diplômés des Master 2 Recherche en Lettres, Sciences Humaines et Sociales la possibilité de postuler dans les entreprises adhérentes pour des postes en CDI au niveau cadre. Cet élargissement des profils, bien au-delà des écoles de commerce haut de gamme a largement bénéficié au recrutement : « nous avons maintenant une grammairienne qui fait merveille au département Marketing ! »

Aphorismes en Jean-Claude Legrand dans le texte
Il vaut mieux anticiper que subir.
Il ne faut pas être attaché à un statut. Ce qui est intéressant, c’est le mouvement.
Tout n’est pas rose. Ce qui importe, c’est la façon dont on régule.
Philosophiquement, je suis contre les quotas, mais sans eux, rien n’avancerait.
Un grand groupe comme le mien doit donner l’exemple, pas des leçons.

Liliane Messika © Femmes de com’

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