Accueil
 

Christophe Michalak star des pâtissiers & homme de communication

4 juin 2013
Christophe Michalak
C.Michalak
interwievé par F.Lissak copyright FDC 05/2013

Christophe Michalak
star des pâtissiers et homme de communication

Il croque la vie avec un sourire craquant, il communique de tout son corps, il rayonne d’enthousiasme, il parle de chocolat avec gourmandise et sensualité… Comment les Femmes de Com’ réunies le 27 mai 2013 au siège de Swisslife Banque Privée pour l’écouter, auraient-elles pu résister à tant de séduction ?
Elles n’ont même pas essayé !

Présenté par Isabelle Maurin, directrice de la communication du Plaza Athénée où ils sont entrés la même année (2001), le presque quadragénaire rend hommage à la vice-présidente de Femmes de Com’ lorsqu’il décrit la pâtisserie comme « un vecteur de communication ».

De fait, son émission sur Teva « le gâteau de mes rêves » et ses cinq livres (le prochain, « le tour de France des desserts » paraitra à la rentrée 2013), ne sont que la cerise sur un gâteau qui réserve encore bien des surprises.

Champion du monde de pâtisserie : un début et une faim. Pas une fin en soi.

Cette victoire en 2005 a été le fruit d’une volonté opiniâtre et d’un travail acharné de trois ans. « J’ai toujours voulu être quelqu’un. La reconnaissance de mes pairs, c’était un moteur puissant », dit-il.
Fils d’un père pas très tendre et d’une mère qu’il décrit comme une sainte, le petit Michalak a vécu une enfance rude qui lui a donné le goût d’en découdre. Sa mère lui conseillait de tendre la joue gauche, il décochait plutôt une droite. « Plus c’est difficile, plus je suis motivé. »

Il parle de résilience, les femmes de com’ entendent « excellence »

Alain Ducasse l’ignore-t-il lors d’une première rencontre organisée par Olivier Mahut ? ? Il fait vœu de devenir quelqu’un à qui Ducasse parlera. Cela a pris dix ans de cohabitation au Plaza Athénée, mais c’est chose faite. Le petit Michalak a gagné le respect du grand Ducasse. Aujourd’hui, ils ont des échanges fructueux dans le respect mutuel de deux égaux.
Quelqu’un lui dit-il, en 2005, que le prochain champion du monde le fera sombrer dans l’oubli ? Il se démultiplie en communication. Plus c’est dur, plus ça lui donne d’élan. Michalak deviendra synonyme de « pâtissier ». Et pas qu’en français dans le texte. Le quelqu’un, lui, a disparu des radars.

Entre pâtisserie et communication, quel est l’œuf et quelle est la poule ?

Trois mois avant le fameux championnat du monde, Michalak avait comme objectif de concourir ensuite pour le titre de « meilleur ouvrier de France », mais il a eu une révélation : cette course aux médailles l’enfermerait dans un microcosme dont la « vraie vie » serait de plus en plus éloignée. Aussi décida-t-il de s’en tenir au championnat et de se consacrer ensuite à sa carrière.
« Chaque fois qu’on évoquait Pierre Hermé dans les magazines », se souvient-il, « on précisait ‘ex-Crillon’, ‘ex-Fauchon’ ou ‘ex-Ladurée’. Je ne voulais pas devenir un futur ‘ex‘. Je voulais être ‘Christophe Michalak du Plaza Athénée’, puis ‘Christophe Michalak champion du monde’. Maintenant, je veux devenir ‘Christophe Michalak’ tout court. »

Un être, un nom, une marque

Avant d’être Christophe Michalak tout court ou ‘le pâtissier du Plaza Athénée’, il a été commis à l’hôtel Negresco de Nice pour apprendre son métier. « A l’époque, les magazines traitant de gastronomie étaient rarissimes. J’avais acheté tous ceux qui existaient et pendant ma pause, j’essayais toutes les recettes des différents chefs pour un même produit. J’ai testé le biscuit à la cuiller de Gaston Lenôtre, celui d’Olivier Mahut… Je me suis constitué une bibliothèque de goûts, la bibliothèque de mon palais personnel ! »
Dire qu’il était bien vu de ses collègues qui allaient faire la sieste à la plage serait probablement exagéré, mais « les gens qui ont voulu me nuire ont avantagé ma carrière. Rien ne me donne plus la ‘niaque’ que l’opposition. De toute manière, avant de pouvoir être créatif, il faut maîtriser la matière et pour cela, il n’existe qu’une seule méthode : le travail. »

« Chez moi, rien n’est calculé, tout n’est qu’affect »

Nombre de ses confrères ont ouvert des salons de pâtisserie haute couture. Lui, ce qui a déjà été fait ne l’intéresse pas. Alors il préfère créer une école de pâtisserie, avec un coin boutique pour y vendre les produits réalisés sur place.
« J’ai trouvé une boutique libre juste en face d’un fast food appelé Big Fernand. J’ai mangé une fois là-bas et ça a été une révélation. Non seulement c’était le meilleur burger et les meilleures frites que j’avais jamais dégustés, mais le personnel était sympa, des mecs réveillés, rapides, habillés cool. Une ‘street bouffe’ de très grande qualité, aussitôt commandée aussitôt servie. »
Mais les desserts n’étaient pas à la hauteur. Que croyez-vous qu’il arriva ? Michalak avec lui s’associa ! Désormais, Big Fernand proposera des tartes aussi simples – en apparence – que ses burgers, mais aussi parfaites dans leur réalisation. Puisqu’il ne fait que des gâteaux qu’il a envie de manger, Michalak aura sur place burger et dessert.

Simple, parfait, sophistiqué – Cochez l’intrus

Christophe Michalak a vécu trois ans à New York. Autant dire qu’il connaît la Grosse Pomme comme sa poche. Et dans cette poche, toutes les pommes n’étaient pas bonnes à manger. Il y a vu des « vraies réussites sans talent et des vrais talents sans réussite ».
Un exemple ? Le café Pouchkine, beau comme le vrai, bon comme le vrai… mais vide de clients. L’échec tient, d’après lui, en un mot : sophistication.
« Le produit était génial, mais les Américains ont horreur du snobisme et de la préciosité. Ils ont l’impression qu’on les prend pour des blaireaux. »

Moins d’additifs pour plus de goût

Une autre de ses croisades s’attaque au packaging : une feuille de papier paraffiné, puis un carton glissé dans une boîte entourée d’un ruban, le tout placé dans un sac en plastique, il trouve ça ridicule et anti-écologique. « Je ne veux pas déforester la planète pour emballer des pâtisseries éphémères. » Ni fabriquer des gâteaux destinés à la présentation, qui sont, nécessairement, moins bons que les autres.
Pour que des gâteaux se conservent dans une vitrine de présentation, il faut les charger en gluten et en gélatine. Alors la boutique de sa future école de pâtisserie n’aura qu’un seul gâteau en exposition. Les autres seront pré-emballés, bien au frais dans des tiroirs réfrigérés… et bien meilleurs pour le goût et pour la santé. En communication, cela s’appelle « créer le besoin ».

Comment conjuguer « surprendre » et « fidéliser » ?

« J’essaie de créer des tendances, mais de ne pas les suivre. » Il se voit comme l’artiste qu’il est, pour qui le travail est d’abord un plaisir, d’abord un désir.
S’il fait du marketing, c’est en créant des pâtisseries au goût d’un seul client, lui-même. Alors fidéliser les consommateurs, oui, mais en les habituant à la qualité, à l’originalité, à des valeurs, pas à des produits en particulier.

En cuisine comme en vêtements, il existe des modes. Michalak est un homme libre. Il prend ce qui lui plaît, que ce soit trendy ou traditionnel.
« Je crois qu’il faut revenir aux vraies valeurs, au naturel. » Rien là de très original, mais il précise : « Ce n’est pas parce qu’il est écrit ‘bio’ sur un produit qu’il est forcément bon. En revanche, je fais aussi attention à l’aspect santé, pas seulement au goût et au design. Il y a 20 ans, une crème anglaise contenait 350 grammes de sucre par litre de lait. Aujourd’hui, c’est 80 grammes. »

Même question pour « communiquer » et « cuisiner »

« Tout chef qui a un cerveau sait qu’il est nécessaire de communiquer. Je n’ai rien inventé, Ducasse le faisait avant moi. »
Certes. Mais la surexposition médiatique ne risque-t-elle pas de nuire à l’image du pâtissier qui devrait avoir les mains dans la farine ?
« Maintenant, je limite les risques de surexposition parce que je peux choisir les émissions auxquelles je participe. Au début de ma carrière, j’acceptais toutes les propositions comme des passages obligés pour acquérir la notoriété qui me permet ce luxe aujourd’hui.
Mais de toute façon, si tous les gâteaux qui apparaissent sur la carte du Plaza Athénée ont été créés par mes soins et si c’est moi qui ai physiquement réalisé les prototypes, aux stades suivants, seul mon cerveau travaille, pas forcément mes mains. Trop de technique tue la technique. J’ai envie de me faire plaisir et je délègue tout sauf la création. »

Je communiquais, ils communiquent

L’exposition de Christophe Michalak aux médias va prendre une forme inédite : il a arrêté son émission sur Teva, mais souhaite la reprendre en donnant la vedette à de jeunes pâtissiers. C’est une de ses qualités et non des moindres, cet amour des autres. Qui n’empêche pas l’impulsivité : « J’aime la bienveillance, j’ai du respect pour tout le monde, mais si on me cherche, on me trouve. »
Deux grandes chaînes de télévision le cherchent et se disputent pour diffuser un concept qu’il a créé en association avec Nagui. Il n’a pas encore choisi laquelle le trouvera.

« En France, pour vivre de sa pâtisserie, il faut être gestionnaire, pas pâtissier »

Le matin de son intervention chez Femmes de Com’, Christophe Michalak avait une première réunion de chantier pour sa future école. Tous les corps de métiers étaient représentés, mais un « civil » inconnu (comprendre « vêtu d’un costume » et non d’un bleu de travail) est arrivé en retard et s’est présenté : « Je suis l’inspecteur du travail. Je veux savoir si les ouvriers qui travailleront sur ce chantier auront un réfrigérateur et un micro-ondes à leur disposition. »

Pour un garçon qui revient de trois ans aux Etats-Unis, cette scène est proprement surréaliste : là-bas, la réussite est une qualité qu’on admire. De ce côté-ci de l’Atlantique, ce qui compte avant tout, c’est de mettre des obstacles. Mais si on les contourne, on a droit aux Cocorico…

« Nous avons un paquet de jeunes gens très doués qui essaient d’émerger. Je fais tout pour les aider. Mais notre pays est engoncé dans une attitude protocolaire qu’on voudrait nous faire prendre pour la classe. C’est ainsi que nous avons laissé l’Espagne, la Grande Bretagne et les Etats-Unis nous dépasser. »

Enseigner, c’est partager…

Après avoir enseigné la pâtisserie à des professionnels, il vise maintenant un public plus jeune. BEAUCOUP plus jeune : les enfants, à qui il veut expliquer son métier en le démystifiant. C’est pour très bientôt : « Si Dieu veut et si l’administration française ne m’en empêche pas, c’est prévu pour la rentrée 2013. »

Son but a toujours été de faire rayonner les autres et son métier, qu’il juge fabuleux et qu’il veut décomplexer. C’est ce qui l’excite le plus. « Je veux être moi ! »

… Et communiquer, c’est…

Devenir une marque, la consécration ? Non. Christophe Michalak a plein de choses en réserve et c’est un garçon simple. Sa motivation est le plaisir, pas la notoriété. Celle-ci n’est qu’un outil qui lui permet d’obtenir cela.
Il a travaillé un an sur un projet de magazine, mais a fini par laisser tomber parce que les financiers (pas les gâteaux à base de poudre d’amandes, hein !), visant la rentabilité, lui demandaient de lésiner sur la qualité.
Il pense au licensing, mais chut…
Et puis, à la rentrée de septembre 2013, il apparaîtra dans une publicité pour des vêtements. Un ‘ménage’ ? Non, ce sont des vêtements qu’il pourrait porter : du streetwear. C’est ça, le vrai luxe : pas le streetwear, mais de pouvoir choisir.

Liliane Messika
© Femmes de com’
28 mai 2013

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour déposer un commentaire.

Christophe Michalak star des pâtissiers & homme de communication

Christophe Michalak
C.Michalak
interwievé par F.Lissak copyright FDC 05/2013

Christophe Michalak
star des pâtissiers et homme de communication

Il croque la vie avec un sourire craquant, il communique de tout son corps, il rayonne d’enthousiasme, il parle de chocolat avec gourmandise et sensualité… Comment les Femmes de Com’ réunies le 27 mai 2013 au siège de Swisslife Banque Privée pour l’écouter, auraient-elles pu résister à tant de séduction ?
Elles n’ont même pas essayé !

Présenté par Isabelle Maurin, directrice de la communication du Plaza Athénée où ils sont entrés la même année (2001), le presque quadragénaire rend hommage à la vice-présidente de Femmes de Com’ lorsqu’il décrit la pâtisserie comme « un vecteur de communication ».

De fait, son émission sur Teva « le gâteau de mes rêves » et ses cinq livres (le prochain, « le tour de France des desserts » paraitra à la rentrée 2013), ne sont que la cerise sur un gâteau qui réserve encore bien des surprises.

Champion du monde de pâtisserie : un début et une faim. Pas une fin en soi.

Cette victoire en 2005 a été le fruit d’une volonté opiniâtre et d’un travail acharné de trois ans. « J’ai toujours voulu être quelqu’un. La reconnaissance de mes pairs, c’était un moteur puissant », dit-il.
Fils d’un père pas très tendre et d’une mère qu’il décrit comme une sainte, le petit Michalak a vécu une enfance rude qui lui a donné le goût d’en découdre. Sa mère lui conseillait de tendre la joue gauche, il décochait plutôt une droite. « Plus c’est difficile, plus je suis motivé. »

Il parle de résilience, les femmes de com’ entendent « excellence »

Alain Ducasse l’ignore-t-il lors d’une première rencontre organisée par Olivier Mahut ? ? Il fait vœu de devenir quelqu’un à qui Ducasse parlera. Cela a pris dix ans de cohabitation au Plaza Athénée, mais c’est chose faite. Le petit Michalak a gagné le respect du grand Ducasse. Aujourd’hui, ils ont des échanges fructueux dans le respect mutuel de deux égaux.
Quelqu’un lui dit-il, en 2005, que le prochain champion du monde le fera sombrer dans l’oubli ? Il se démultiplie en communication. Plus c’est dur, plus ça lui donne d’élan. Michalak deviendra synonyme de « pâtissier ». Et pas qu’en français dans le texte. Le quelqu’un, lui, a disparu des radars.

Entre pâtisserie et communication, quel est l’œuf et quelle est la poule ?

Trois mois avant le fameux championnat du monde, Michalak avait comme objectif de concourir ensuite pour le titre de « meilleur ouvrier de France », mais il a eu une révélation : cette course aux médailles l’enfermerait dans un microcosme dont la « vraie vie » serait de plus en plus éloignée. Aussi décida-t-il de s’en tenir au championnat et de se consacrer ensuite à sa carrière.
« Chaque fois qu’on évoquait Pierre Hermé dans les magazines », se souvient-il, « on précisait ‘ex-Crillon’, ‘ex-Fauchon’ ou ‘ex-Ladurée’. Je ne voulais pas devenir un futur ‘ex‘. Je voulais être ‘Christophe Michalak du Plaza Athénée’, puis ‘Christophe Michalak champion du monde’. Maintenant, je veux devenir ‘Christophe Michalak’ tout court. »

Un être, un nom, une marque

Avant d’être Christophe Michalak tout court ou ‘le pâtissier du Plaza Athénée’, il a été commis à l’hôtel Negresco de Nice pour apprendre son métier. « A l’époque, les magazines traitant de gastronomie étaient rarissimes. J’avais acheté tous ceux qui existaient et pendant ma pause, j’essayais toutes les recettes des différents chefs pour un même produit. J’ai testé le biscuit à la cuiller de Gaston Lenôtre, celui d’Olivier Mahut… Je me suis constitué une bibliothèque de goûts, la bibliothèque de mon palais personnel ! »
Dire qu’il était bien vu de ses collègues qui allaient faire la sieste à la plage serait probablement exagéré, mais « les gens qui ont voulu me nuire ont avantagé ma carrière. Rien ne me donne plus la ‘niaque’ que l’opposition. De toute manière, avant de pouvoir être créatif, il faut maîtriser la matière et pour cela, il n’existe qu’une seule méthode : le travail. »

« Chez moi, rien n’est calculé, tout n’est qu’affect »

Nombre de ses confrères ont ouvert des salons de pâtisserie haute couture. Lui, ce qui a déjà été fait ne l’intéresse pas. Alors il préfère créer une école de pâtisserie, avec un coin boutique pour y vendre les produits réalisés sur place.
« J’ai trouvé une boutique libre juste en face d’un fast food appelé Big Fernand. J’ai mangé une fois là-bas et ça a été une révélation. Non seulement c’était le meilleur burger et les meilleures frites que j’avais jamais dégustés, mais le personnel était sympa, des mecs réveillés, rapides, habillés cool. Une ‘street bouffe’ de très grande qualité, aussitôt commandée aussitôt servie. »
Mais les desserts n’étaient pas à la hauteur. Que croyez-vous qu’il arriva ? Michalak avec lui s’associa ! Désormais, Big Fernand proposera des tartes aussi simples – en apparence – que ses burgers, mais aussi parfaites dans leur réalisation. Puisqu’il ne fait que des gâteaux qu’il a envie de manger, Michalak aura sur place burger et dessert.

Simple, parfait, sophistiqué – Cochez l’intrus

Christophe Michalak a vécu trois ans à New York. Autant dire qu’il connaît la Grosse Pomme comme sa poche. Et dans cette poche, toutes les pommes n’étaient pas bonnes à manger. Il y a vu des « vraies réussites sans talent et des vrais talents sans réussite ».
Un exemple ? Le café Pouchkine, beau comme le vrai, bon comme le vrai… mais vide de clients. L’échec tient, d’après lui, en un mot : sophistication.
« Le produit était génial, mais les Américains ont horreur du snobisme et de la préciosité. Ils ont l’impression qu’on les prend pour des blaireaux. »

Moins d’additifs pour plus de goût

Une autre de ses croisades s’attaque au packaging : une feuille de papier paraffiné, puis un carton glissé dans une boîte entourée d’un ruban, le tout placé dans un sac en plastique, il trouve ça ridicule et anti-écologique. « Je ne veux pas déforester la planète pour emballer des pâtisseries éphémères. » Ni fabriquer des gâteaux destinés à la présentation, qui sont, nécessairement, moins bons que les autres.
Pour que des gâteaux se conservent dans une vitrine de présentation, il faut les charger en gluten et en gélatine. Alors la boutique de sa future école de pâtisserie n’aura qu’un seul gâteau en exposition. Les autres seront pré-emballés, bien au frais dans des tiroirs réfrigérés… et bien meilleurs pour le goût et pour la santé. En communication, cela s’appelle « créer le besoin ».

Comment conjuguer « surprendre » et « fidéliser » ?

« J’essaie de créer des tendances, mais de ne pas les suivre. » Il se voit comme l’artiste qu’il est, pour qui le travail est d’abord un plaisir, d’abord un désir.
S’il fait du marketing, c’est en créant des pâtisseries au goût d’un seul client, lui-même. Alors fidéliser les consommateurs, oui, mais en les habituant à la qualité, à l’originalité, à des valeurs, pas à des produits en particulier.

En cuisine comme en vêtements, il existe des modes. Michalak est un homme libre. Il prend ce qui lui plaît, que ce soit trendy ou traditionnel.
« Je crois qu’il faut revenir aux vraies valeurs, au naturel. » Rien là de très original, mais il précise : « Ce n’est pas parce qu’il est écrit ‘bio’ sur un produit qu’il est forcément bon. En revanche, je fais aussi attention à l’aspect santé, pas seulement au goût et au design. Il y a 20 ans, une crème anglaise contenait 350 grammes de sucre par litre de lait. Aujourd’hui, c’est 80 grammes. »

Même question pour « communiquer » et « cuisiner »

« Tout chef qui a un cerveau sait qu’il est nécessaire de communiquer. Je n’ai rien inventé, Ducasse le faisait avant moi. »
Certes. Mais la surexposition médiatique ne risque-t-elle pas de nuire à l’image du pâtissier qui devrait avoir les mains dans la farine ?
« Maintenant, je limite les risques de surexposition parce que je peux choisir les émissions auxquelles je participe. Au début de ma carrière, j’acceptais toutes les propositions comme des passages obligés pour acquérir la notoriété qui me permet ce luxe aujourd’hui.
Mais de toute façon, si tous les gâteaux qui apparaissent sur la carte du Plaza Athénée ont été créés par mes soins et si c’est moi qui ai physiquement réalisé les prototypes, aux stades suivants, seul mon cerveau travaille, pas forcément mes mains. Trop de technique tue la technique. J’ai envie de me faire plaisir et je délègue tout sauf la création. »

Je communiquais, ils communiquent

L’exposition de Christophe Michalak aux médias va prendre une forme inédite : il a arrêté son émission sur Teva, mais souhaite la reprendre en donnant la vedette à de jeunes pâtissiers. C’est une de ses qualités et non des moindres, cet amour des autres. Qui n’empêche pas l’impulsivité : « J’aime la bienveillance, j’ai du respect pour tout le monde, mais si on me cherche, on me trouve. »
Deux grandes chaînes de télévision le cherchent et se disputent pour diffuser un concept qu’il a créé en association avec Nagui. Il n’a pas encore choisi laquelle le trouvera.

« En France, pour vivre de sa pâtisserie, il faut être gestionnaire, pas pâtissier »

Le matin de son intervention chez Femmes de Com’, Christophe Michalak avait une première réunion de chantier pour sa future école. Tous les corps de métiers étaient représentés, mais un « civil » inconnu (comprendre « vêtu d’un costume » et non d’un bleu de travail) est arrivé en retard et s’est présenté : « Je suis l’inspecteur du travail. Je veux savoir si les ouvriers qui travailleront sur ce chantier auront un réfrigérateur et un micro-ondes à leur disposition. »

Pour un garçon qui revient de trois ans aux Etats-Unis, cette scène est proprement surréaliste : là-bas, la réussite est une qualité qu’on admire. De ce côté-ci de l’Atlantique, ce qui compte avant tout, c’est de mettre des obstacles. Mais si on les contourne, on a droit aux Cocorico…

« Nous avons un paquet de jeunes gens très doués qui essaient d’émerger. Je fais tout pour les aider. Mais notre pays est engoncé dans une attitude protocolaire qu’on voudrait nous faire prendre pour la classe. C’est ainsi que nous avons laissé l’Espagne, la Grande Bretagne et les Etats-Unis nous dépasser. »

Enseigner, c’est partager…

Après avoir enseigné la pâtisserie à des professionnels, il vise maintenant un public plus jeune. BEAUCOUP plus jeune : les enfants, à qui il veut expliquer son métier en le démystifiant. C’est pour très bientôt : « Si Dieu veut et si l’administration française ne m’en empêche pas, c’est prévu pour la rentrée 2013. »

Son but a toujours été de faire rayonner les autres et son métier, qu’il juge fabuleux et qu’il veut décomplexer. C’est ce qui l’excite le plus. « Je veux être moi ! »

… Et communiquer, c’est…

Devenir une marque, la consécration ? Non. Christophe Michalak a plein de choses en réserve et c’est un garçon simple. Sa motivation est le plaisir, pas la notoriété. Celle-ci n’est qu’un outil qui lui permet d’obtenir cela.
Il a travaillé un an sur un projet de magazine, mais a fini par laisser tomber parce que les financiers (pas les gâteaux à base de poudre d’amandes, hein !), visant la rentabilité, lui demandaient de lésiner sur la qualité.
Il pense au licensing, mais chut…
Et puis, à la rentrée de septembre 2013, il apparaîtra dans une publicité pour des vêtements. Un ‘ménage’ ? Non, ce sont des vêtements qu’il pourrait porter : du streetwear. C’est ça, le vrai luxe : pas le streetwear, mais de pouvoir choisir.

Liliane Messika
© Femmes de com’
28 mai 2013

Laisser un commentaire

Vous devez vous connecter pour déposer un commentaire.

hogan outlet hogan outlet online louboutin soldes louboutin pas cher tn pas cher nike tn pas cher hogan outlet online hogan outlet online hogan outlet online hogan outlet online hogan outlet online hogan outlet online hogan outlet online hogan outlet online louboutin pas cher louboutin pas cher louboutin pas cher louboutin pas cher louboutin pas cher louboutin pas cher louboutin pas cher louboutin pas cher woolrich outlet woolrich outlet pandora outlet pandora outlet