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Rémy PFLIMLIN

6 novembre 2013
Rémy PFLIMLIN

Rémy PFLIMLIN
Président du Groupe France Télévisions

Rémy Pflimlin est Président du premier groupe audiovisuel français, France Télévisions. Le 30 septembre 2013, il était aussi l’invité de Femmes de Com’, au siège du partenaire de l’association, Swisslife Banque privée. C’est avec beaucoup de précision qu’il a répondu aux questions de Fabienne Lissak, ex-journaliste de Bloomberg TV et membre de Femmes de com’.

Dernier Président nommé par le Président de la République

Après HEC, cet Alsacien discret a tout de suite choisi les médias. Il y a fait toute sa carrière, passant de Jours de France aux DNA, de France 3 aux NMPP (rebaptisées Presstalis), puis retour à la télévision nationale par la grande porte. Nommé par Nicolas Sarkozy, avalisé par le CSA et les commissions parlementaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, Rémy Pflimlin préside aux destinées de la télévision de service public depuis août 2010.

Selon la loi Filippetti, il devrait être le dernier président de cette institution nommé par l’exécutif.

« France Télévisions parle à des concitoyens, pas à des consommateurs »

Pour Rémy Pflimlin, le groupe, grande entreprise publique, a pour mission de créer du lien social entre tous les citoyens du pays, en proposant information et création de programmes. D’où l’importance de la proximité pour élaborer un imaginaire collectif dans lequel ils se reconnaîtront.

Pour mener à bien cette mission, Rémy Pflimlin s’est entouré de quatre Directeurs Généraux Délégués chargés des fonctions transversales –les programmes, antennes et développements numériques, l’information, les ressources humaines et les finances- et il a centré son organisation opérationnelle autour des chaînes (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô), et du numérique (FTVEN).

La stratégie de groupe ne s’est pas effacée, mais son axe principal consiste maintenant à différencier des marques-chaînes fortes, bien identifiées et complémentaires, ce qui permettra au groupe d’être présent sur tous les écrans et de lancer des marques numériques.

A travers l’information, les débats, la fiction, les documentaires et les divertissements, France 2 propose une programmation diversifiée à l’intention d’un public large. Chaîne généraliste, elle exerce un rôle moteur dans la création de productions télévisuelles originales et assure une information nationale et internationale.

Grande chaîne généraliste à double vocation de chaîne nationale et de chaîne de la proximité, France 3 autrefois dirigée par R.Pflimlin lui-même conforte la part d’ancrage régional dans ses programmes.

Chaîne gratuite de la télévision numérique terrestre, France 4 s’adresse aux nouvelles générations – des enfants, petits et grands, aux jeunes adultes.

France 5, chaîne de la connaissance et de la découverte, a pour but de favoriser l’accès au savoir et de susciter la curiosité, la discussion, l’émotion et le partage.

France Ô (O comme Outremer), devenue « la chaîne métisse, vise à devenir « la chaine de toutes les identités. » Et Outre-mer 1ère donne aux neuf chaînes 1ère le rôle de « généralistes de proximité» en outre-mer. Elles disposent de fréquences radio dans chaque territoire.

Eloge de la diversité, miroir de la société

Lorsque Rémy Pflimlin évoque ce sujet, c’est avec détermination et sans langue de bois :

« La société française forme depuis trop longtemps ses élites en entonnoir. Cela formate les esprits et assèche la créativité » assène-t-il ! «…C’est de la diversité des personnalités et de leur parcours que nous nous enrichissons, France Télévisions doit être exemplaire et aller vers plus d’égalité notamment entre hommes et femmes »

Et de fait pour la première fois une politique volontaire, notamment en faveur d’une égalité hommes/femmes a été initiée par Rémy Pflimlin avec des mesures concrètes et des engagements pris devant le CSA.

« Plus de femmes aux postes d’encadrement, plus defemmes journalistes, une étude des potentiels féminins, un accompagnement spécifique des femmes dans les carrières, une mixité des métiers et enfin et surtout ce qui n’avait jamais été observé, une représentation des femmes dans la production de programmes et sur les plateaux d’émissions en tant qu’invitées et expertes. »

C’est la première fois que la composition des plateaux est placée sous le signe de la diversité !

Même si les femmes ne sont encore présentes qu’à 30%, plusieurs d’entre elles pilotent des émissions dans le sport, dans l’information ou le divertissement.

Egalité : Une seule entreprise, un seul statut social
L’histoire du groupe France Télévisions y faisait cohabiter une mosaïque de personnels aux statuts hétérogènes.

En concertation avec l’ensemble des syndicats, Rémy Pflimlin a signé un accord social historique fondateur de ce que sera l’entreprise de demain.

Une seule entreprise, un seul statut social pour tous les personnels, c’est la voie nécessaire pour pouvoir rationaliser et gagner en productivité.

Egalité : Une seule entreprise, un seul statut social

Le financement de France Télévisions repose sur la redevance et les recettes publicitaires. Ces dernières qui représentaient en 2008 environ le tiers des ressources de France Télévisions diffuseur, sont passées, depuis la loi Sarkozy interdisant les écrans publicitaires en soirée, à 15% des ressources de France Télévisions en 2012.

Un manque à gagner difficile à encaisser ( !) car il empêche, dans un marché publicitaire par ailleurs très morose, de valoriser les grosses audiences du soir qui font face à celles de la concurrence , notamment de TF1 et M6.

Si Rémy Pflimlin admet « qu’il est normal que nous nous réformions et fassions des économies comme l’ensemble des citoyens et des entreprises de ce pays » il a quand même pris l’initiative d’un dialogue avec le gouvernement au terme duquel, un contrat a été conclu avec une réduction des moyens mais des objectifs préservés.

D’où un plan d’économies qui donne ses premiers effets en permettant de limiter les pertes à 40 millions d’euros en 2013.

Pour résorber ce déficit, un plan d’économies et de gestion et des structures est prévu. Economies d’échelle d’abord, découlant mécaniquement de l’harmonisation avec la suppression de cinq grosses structures et d’une série de filiales.

Economie sur les programmes, aussi, grâce à des choix très précis et à une réduction de 10% des coûts de certains d’entre eux grâce à des audits.

Enfin économie d’échelle dans la fiction, grâce à des séries plus longues permettant une production industrialisée, ce dernier point est « fondamental quand on a l’ambition de rivaliser avec la fiction américaine. »

Le challenge : en faire plus, avec moins, tout en fidélisant l’audience

En 2012 la création avait coûté 420 millions d’euros, dont 270 millions d’euros pour la seule fiction.

Ce sera moins en 2013, puisque les obligations du groupe sont indexées sur les ressources. Mais loin de se laisser découragé le patron de France Télévisions annonce que « l’objectif est d’en faire plus avec cette somme. Nous voulons être regardés par le plus grand nombre. Tout en faisant baisser les coûts, nous devrions pouvoir élargir notre offre, développer des fictions à des créneaux horaires dont elles étaient absentes et acheter des retransmissions sportives. Nous ne pouvons pas abandonner Roland Garros, par exemple. Nous avons un devoir de service public à remplir là aussi : sans France Télévisions, il n’y a plus d’offre gratuite. »

« Et par ailleurs nous avons à négocier le virage numérique qui semble bien parti avec notamment l’offre d’infos en continu et interactive FRANCE TVINFO, et sa plateforme PLUZZ et ses 50.000 vidéos vues par mois. »

Des objectifs ambitieux, des budgets stagnants ou en baisse : un challenge dont la résolution devra autant à l’expérience des média qu’à la formation HEC du Président.

« L’année dernière, nos audiences avaient progressé grâce aux élections et aux jeux olympiques. Cette année la concurrence s’est étoffée de six nouvelles chaines sur la TNT. Elles ont pris 3% de part de marché, ce qui a diminué la nôtre. Nous nous situons aujourd’hui dans la moyenne de nos autres concurrents.

Au plan social « Nous avons signé un accord, grâce auquel les modes de rémunération et la gestion globale de l’entreprise vont gagner en souplesse et perdre en coûts. Nous avons constitué une entreprise unique plus homogène, diminué le nombre de niveaux hiérarchiques et simplifié les structures. Mais pour que le dialogue social soit fécond, il faut pouvoir offrir des perspectives aux personnels. «

Aujourd’hui malgré son enthousiasme, Rémy Pflimlin a le sentiment d’en être empêché autant par la crise que par « l’évolution du regard que les politiques posent sur nous », même s’il assure entretenir de bonnes relations avec son ministre de tutelle.

Quel avenir pour France Télévisions ?

Pour le patron de France Télévision une entreprise publique a une stratégie différente d’une entreprise privée. « Nous ne cherchons pas à maximiser les profits, mais à être vus par le plus grand nombre sur toutes les plateformes. Pour cela le contenu original de qualité reste l’élément fondamental car il favorise l’imaginaire qui créera du lien entre nos concitoyens. Nous étions exclusivement diffuseurs, nous sommes devenus des éditeurs. Le plus grand éditeur de contenus du pays ».

C’est une évolution logique. Aujourd’hui les grands acteurs qui créent des images ne sont pas français. Ils ont pour nom Google, Youtube, Netflix…Ce dernier est devenu le producteur de « House of Cards . Il est passé du rôle de diffuseur à celui de producteur pour asseoir sa légitimité.

La qualité, les contraintes et les opportunités

Le budget de la télévision publique française se monte à 3 milliards d’euros, quand celui de sa concurrente britannique est à 6 milliards et l’allemande à 9 milliards. Dans ce contexte, produire des fictions exportables relève de la gageure. Mais cela n’empêche pas Rémy Pflimlin de relever des défis formidables : « La télévision française est très bonne, mais nous sommes le seul pays d’Europe où la fiction nationale n’est pas majoritaire. Nous avons toujours privilégié le cinéma ce qui donne à la télévision une figure de parent pauvre. En revanche quand nous programmons une manifestation sportive, tous nos concurrents étrangers viennent sur place voir comment on pratique : sur ce créneau nous sommes les meilleurs ! »

Pour ce qui concerne l’info, une nouvelle organisation de travail est prévue, ainsi qu’un plan « information 2015 » qui rassemblera les moyens de toutes les rédactions pour les optimiser dans une offre plus riche et plus diversifiée.

Pas de culture ? Taratata !

Rémy Pflimlin répond point par point, preuves à l’appui et publie désormais chaque mois dans le magazine « Beaux-Arts » la liste de toutes les émissions culturelles mises à l’antenne. Force est de constater que la page est bien remplie !

Dernier cheval de bataille, la nouvelle série qui donne lieu à une vaste campagne de publicité : « Un village Français diffusé sur France 3. Une production française dans un pays où les autres chaines de TV sont envahies de séries américaines. Une fois de plus, France Télévision se distingue dans sa défense de la culture française.

Il ne reste plus qu’à souhaiter à France Télévision de continuer à offrir des programmes de qualité et aux professionnelles de la communication présentes le 30 septembre de voir la limite de diffusion de publicité reculer d’une petite heure afin de profiter des belles audiences de la soirée sur France Télévisions.

©fdc Septembre 2013

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Président du Groupe France Télévisions

Rémy Pflimlin est Président du premier groupe audiovisuel français, France Télévisions. Le 30 septembre 2013, il était aussi l’invité de Femmes de Com’, au siège du partenaire de l’association, Swisslife Banque privée. C’est avec beaucoup de précision qu’il a répondu aux questions de Fabienne Lissak, ex-journaliste de Bloomberg TV et membre de Femmes de com’.

Dernier Président nommé par le Président de la République

Après HEC, cet Alsacien discret a tout de suite choisi les médias. Il y a fait toute sa carrière, passant de Jours de France aux DNA, de France 3 aux NMPP (rebaptisées Presstalis), puis retour à la télévision nationale par la grande porte. Nommé par Nicolas Sarkozy, avalisé par le CSA et les commissions parlementaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, Rémy Pflimlin préside aux destinées de la télévision de service public depuis août 2010.

Selon la loi Filippetti, il devrait être le dernier président de cette institution nommé par l’exécutif.

« France Télévisions parle à des concitoyens, pas à des consommateurs »

Pour Rémy Pflimlin, le groupe, grande entreprise publique, a pour mission de créer du lien social entre tous les citoyens du pays, en proposant information et création de programmes. D’où l’importance de la proximité pour élaborer un imaginaire collectif dans lequel ils se reconnaîtront.

Pour mener à bien cette mission, Rémy Pflimlin s’est entouré de quatre Directeurs Généraux Délégués chargés des fonctions transversales –les programmes, antennes et développements numériques, l’information, les ressources humaines et les finances- et il a centré son organisation opérationnelle autour des chaînes (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Ô), et du numérique (FTVEN).

La stratégie de groupe ne s’est pas effacée, mais son axe principal consiste maintenant à différencier des marques-chaînes fortes, bien identifiées et complémentaires, ce qui permettra au groupe d’être présent sur tous les écrans et de lancer des marques numériques.

A travers l’information, les débats, la fiction, les documentaires et les divertissements, France 2 propose une programmation diversifiée à l’intention d’un public large. Chaîne généraliste, elle exerce un rôle moteur dans la création de productions télévisuelles originales et assure une information nationale et internationale.

Grande chaîne généraliste à double vocation de chaîne nationale et de chaîne de la proximité, France 3 autrefois dirigée par R.Pflimlin lui-même conforte la part d’ancrage régional dans ses programmes.

Chaîne gratuite de la télévision numérique terrestre, France 4 s’adresse aux nouvelles générations – des enfants, petits et grands, aux jeunes adultes.

France 5, chaîne de la connaissance et de la découverte, a pour but de favoriser l’accès au savoir et de susciter la curiosité, la discussion, l’émotion et le partage.

France Ô (O comme Outremer), devenue « la chaîne métisse, vise à devenir « la chaine de toutes les identités. » Et Outre-mer 1ère donne aux neuf chaînes 1ère le rôle de « généralistes de proximité» en outre-mer. Elles disposent de fréquences radio dans chaque territoire.

Eloge de la diversité, miroir de la société

Lorsque Rémy Pflimlin évoque ce sujet, c’est avec détermination et sans langue de bois :

« La société française forme depuis trop longtemps ses élites en entonnoir. Cela formate les esprits et assèche la créativité » assène-t-il ! «…C’est de la diversité des personnalités et de leur parcours que nous nous enrichissons, France Télévisions doit être exemplaire et aller vers plus d’égalité notamment entre hommes et femmes »

Et de fait pour la première fois une politique volontaire, notamment en faveur d’une égalité hommes/femmes a été initiée par Rémy Pflimlin avec des mesures concrètes et des engagements pris devant le CSA.

« Plus de femmes aux postes d’encadrement, plus defemmes journalistes, une étude des potentiels féminins, un accompagnement spécifique des femmes dans les carrières, une mixité des métiers et enfin et surtout ce qui n’avait jamais été observé, une représentation des femmes dans la production de programmes et sur les plateaux d’émissions en tant qu’invitées et expertes. »

C’est la première fois que la composition des plateaux est placée sous le signe de la diversité !

Même si les femmes ne sont encore présentes qu’à 30%, plusieurs d’entre elles pilotent des émissions dans le sport, dans l’information ou le divertissement.

Egalité : Une seule entreprise, un seul statut social
L’histoire du groupe France Télévisions y faisait cohabiter une mosaïque de personnels aux statuts hétérogènes.

En concertation avec l’ensemble des syndicats, Rémy Pflimlin a signé un accord social historique fondateur de ce que sera l’entreprise de demain.

Une seule entreprise, un seul statut social pour tous les personnels, c’est la voie nécessaire pour pouvoir rationaliser et gagner en productivité.

Egalité : Une seule entreprise, un seul statut social

Le financement de France Télévisions repose sur la redevance et les recettes publicitaires. Ces dernières qui représentaient en 2008 environ le tiers des ressources de France Télévisions diffuseur, sont passées, depuis la loi Sarkozy interdisant les écrans publicitaires en soirée, à 15% des ressources de France Télévisions en 2012.

Un manque à gagner difficile à encaisser ( !) car il empêche, dans un marché publicitaire par ailleurs très morose, de valoriser les grosses audiences du soir qui font face à celles de la concurrence , notamment de TF1 et M6.

Si Rémy Pflimlin admet « qu’il est normal que nous nous réformions et fassions des économies comme l’ensemble des citoyens et des entreprises de ce pays » il a quand même pris l’initiative d’un dialogue avec le gouvernement au terme duquel, un contrat a été conclu avec une réduction des moyens mais des objectifs préservés.

D’où un plan d’économies qui donne ses premiers effets en permettant de limiter les pertes à 40 millions d’euros en 2013.

Pour résorber ce déficit, un plan d’économies et de gestion et des structures est prévu. Economies d’échelle d’abord, découlant mécaniquement de l’harmonisation avec la suppression de cinq grosses structures et d’une série de filiales.

Economie sur les programmes, aussi, grâce à des choix très précis et à une réduction de 10% des coûts de certains d’entre eux grâce à des audits.

Enfin économie d’échelle dans la fiction, grâce à des séries plus longues permettant une production industrialisée, ce dernier point est « fondamental quand on a l’ambition de rivaliser avec la fiction américaine. »

Le challenge : en faire plus, avec moins, tout en fidélisant l’audience

En 2012 la création avait coûté 420 millions d’euros, dont 270 millions d’euros pour la seule fiction.

Ce sera moins en 2013, puisque les obligations du groupe sont indexées sur les ressources. Mais loin de se laisser découragé le patron de France Télévisions annonce que « l’objectif est d’en faire plus avec cette somme. Nous voulons être regardés par le plus grand nombre. Tout en faisant baisser les coûts, nous devrions pouvoir élargir notre offre, développer des fictions à des créneaux horaires dont elles étaient absentes et acheter des retransmissions sportives. Nous ne pouvons pas abandonner Roland Garros, par exemple. Nous avons un devoir de service public à remplir là aussi : sans France Télévisions, il n’y a plus d’offre gratuite. »

« Et par ailleurs nous avons à négocier le virage numérique qui semble bien parti avec notamment l’offre d’infos en continu et interactive FRANCE TVINFO, et sa plateforme PLUZZ et ses 50.000 vidéos vues par mois. »

Des objectifs ambitieux, des budgets stagnants ou en baisse : un challenge dont la résolution devra autant à l’expérience des média qu’à la formation HEC du Président.

« L’année dernière, nos audiences avaient progressé grâce aux élections et aux jeux olympiques. Cette année la concurrence s’est étoffée de six nouvelles chaines sur la TNT. Elles ont pris 3% de part de marché, ce qui a diminué la nôtre. Nous nous situons aujourd’hui dans la moyenne de nos autres concurrents.

Au plan social « Nous avons signé un accord, grâce auquel les modes de rémunération et la gestion globale de l’entreprise vont gagner en souplesse et perdre en coûts. Nous avons constitué une entreprise unique plus homogène, diminué le nombre de niveaux hiérarchiques et simplifié les structures. Mais pour que le dialogue social soit fécond, il faut pouvoir offrir des perspectives aux personnels. «

Aujourd’hui malgré son enthousiasme, Rémy Pflimlin a le sentiment d’en être empêché autant par la crise que par « l’évolution du regard que les politiques posent sur nous », même s’il assure entretenir de bonnes relations avec son ministre de tutelle.

Quel avenir pour France Télévisions ?

Pour le patron de France Télévision une entreprise publique a une stratégie différente d’une entreprise privée. « Nous ne cherchons pas à maximiser les profits, mais à être vus par le plus grand nombre sur toutes les plateformes. Pour cela le contenu original de qualité reste l’élément fondamental car il favorise l’imaginaire qui créera du lien entre nos concitoyens. Nous étions exclusivement diffuseurs, nous sommes devenus des éditeurs. Le plus grand éditeur de contenus du pays ».

C’est une évolution logique. Aujourd’hui les grands acteurs qui créent des images ne sont pas français. Ils ont pour nom Google, Youtube, Netflix…Ce dernier est devenu le producteur de « House of Cards . Il est passé du rôle de diffuseur à celui de producteur pour asseoir sa légitimité.

La qualité, les contraintes et les opportunités

Le budget de la télévision publique française se monte à 3 milliards d’euros, quand celui de sa concurrente britannique est à 6 milliards et l’allemande à 9 milliards. Dans ce contexte, produire des fictions exportables relève de la gageure. Mais cela n’empêche pas Rémy Pflimlin de relever des défis formidables : « La télévision française est très bonne, mais nous sommes le seul pays d’Europe où la fiction nationale n’est pas majoritaire. Nous avons toujours privilégié le cinéma ce qui donne à la télévision une figure de parent pauvre. En revanche quand nous programmons une manifestation sportive, tous nos concurrents étrangers viennent sur place voir comment on pratique : sur ce créneau nous sommes les meilleurs ! »

Pour ce qui concerne l’info, une nouvelle organisation de travail est prévue, ainsi qu’un plan « information 2015 » qui rassemblera les moyens de toutes les rédactions pour les optimiser dans une offre plus riche et plus diversifiée.

Pas de culture ? Taratata !

Rémy Pflimlin répond point par point, preuves à l’appui et publie désormais chaque mois dans le magazine « Beaux-Arts » la liste de toutes les émissions culturelles mises à l’antenne. Force est de constater que la page est bien remplie !

Dernier cheval de bataille, la nouvelle série qui donne lieu à une vaste campagne de publicité : « Un village Français diffusé sur France 3. Une production française dans un pays où les autres chaines de TV sont envahies de séries américaines. Une fois de plus, France Télévision se distingue dans sa défense de la culture française.

Il ne reste plus qu’à souhaiter à France Télévision de continuer à offrir des programmes de qualité et aux professionnelles de la communication présentes le 30 septembre de voir la limite de diffusion de publicité reculer d’une petite heure afin de profiter des belles audiences de la soirée sur France Télévisions.

©fdc Septembre 2013

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